S'écouter pour s'entendre

Point de vue sur la médiation par visioconférence

Paru dans la revue Odyssée de la FENAMEF de juin 2020.

Il y a 3 ans déjà, la FENAMEF a organisé une journée d’étude le 31 mai 2017 sur les pratiques de la médiation à distance. Le titre de cette formation était « Maintien du lien, écrans et  nouvelles technologies ». En partant de l’exposé du premier intervenant, le psychiatre Serge Tisseron qui avait d’emblée posé le principe « ni idéaliser, ni diaboliser », on peut distinguer deux principales formes de « présence » et de communication à distance :
• le téléphone où l’on est plus centré sur la voix et sur ce qui est dit ;
• la visioconférence où le visuel prime avec cette particularité que l’on se voit soi-même.

Avec le téléphone, on n’est pas distrait par l’image et l’on peut même percevoir un sourire. Certains médiateurs disent que l’écoute y est plus profonde qu’en visioconférence. Le présent article se concentre sur la médiation par visioconférence qui tend à se généraliser. La visioconférence est ici entendue en ce sens que tout le monde se voit alors que parfois, pour des raisons techniques (connexion instable ou absence de caméra par exemple) ou par choix, certains coupent leur caméra. Il me semble préférable que tout le monde soit sur le même mode, soit tous en audio, soit tous en visio. En effet, le regard permet de se rendre compte si l’autre est vraiment présent car devant un écran, on peut faire tout autre chose, comme lire ses mails, et là le regard n’est plus le même.

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